Bol d'air, chroniques

Sauce verte à la suédoise !

La ville de Växjö est-elle le centre de l’action écologiste mondiale ? À n’en point douter affirment fièrement ses habitants ! Comment cette agglomération de la province du Småland, équivalente à la taille de Pau, à réussi en quelques années à se profiler « ville verte européenne » ? Cela relève-t-il du mystère ? N’exagérons rien, mais qu’y a-t-il donc de si vert à Växjö qui fasse courir la presse ? Le fait que la commune ait réussi à assainir le lac ? Que l’on y construise des immeubles passifs en bois ? Que la verrerie de Kosta Boda n’ait plus recours au plomb pour ses créations ? Que les fabricants de meubles destinés au secteur public créent un centre de création écolo ? Qu’un centre thermique aux déchets de bois fournisse électricité et chauffage urbain ? Peut être… mais ce sont surtout les montages financiers dus à la structure même des communes suédoises qui permettent de mettre en place des projets à tendance verte, même s’ils sont parfois loin d’être révolutionnaires, qui bluffent tout le monde.

L’assainissement du lac, par exemple. N’importe quelle commune suédoise est à même aujourd’hui de réaliser ce type d’épuration. La ville de Linné ne pouvait pas faire moins bien que les autres. Là où on ne se baignait plus, on se rebaigne, et les eaux croupissantes et polluées ont cédé la place à des eaux claires parsemées de roseaux sains.

Les immeubles en bois ? Huit étages montés en préfabriqué (les pièces arrivent semi-finies – sols en bois, murs en lamellé-collé). Un ragréage du plancher pour recevoir un plancher flottant et double plaques de plâtre pour la finition sur les murs en bois…Chauffage par le sol ! Sprinkler partout…Quoi ! C’est tout ? Avantage selon l’architecte, le bois sera récupéré en cas de démolition ? Durable la construction ? On demande à voir d’ici cinquante ans ! Mais là ne s’arrête pas l’expérience… Les prochains immeubles en bois seront totalement passifs. Aucuns ponts thermiques et plus de problème de tuyauteries de chauffage, puisqu’il n’est pas prévu ! La ventilation, en revanche y sera surdimensionnée : récupération maximale de toutes les sources de chaleur (amateur de sommeil la fenêtre ouverte, ce n’est pas pour vous. Si tous les habitants de l’immeuble ne jouent pas le jeu, surtout l’hiver, faire appel aux couvertures chauffantes et à la bouillotte.) Bref, l’industrie, l’université et la commune, c’est une synergie garantie pour mener à bien les constructions d’immeubles en bois ininflammables (sic)… Écologiquement correctes les substances ignifuges utilisées ?

Les biocombustibles à la rescousse du chauffage urbain et de la production d’énergie électrique, ça c’est du concret, vive la cogénération (démarrée en 1980) ! La sciure et copeaux des scieries ainsi que les déchets de bois (branchages, écorces, souches et tourbe –pour le bon fonctionnement de la chaudière) alimentent la centrale thermique. L’électricité produite est vendue au réseau aux heures de pointe. Cette production « verte » devrait permettre à la ville d’acheter 20 000 tonnes de CO2 sur le marché des droits d’émissions ! Mercantile les élus ?

Elle n’est pas seule la commune de Växjö et ses édiles (tous partis confondus) pour budgétiser son développement durable. L’Union européenne avec le projet de développement durable SESAC (Sustainable Energy Systems in Advanced Cities) qui vise à l’innovation technologique dans le domaine des énergies renouvelables, met la main au gousset pour Delft, Grenoble et donc Växjö pour réaliser leurs projets. Une autre facette des financements que le grand public ne connaît pas forcément.

Les verreries de Kosta Boda (créée en 1742 !) et d’Orrefors ne sont pas environnementalement en reste. Les verriers ont décidé d’avoir recours au zinc et au baryum pour leur cristal et leur verre (à l’instar de bon nombre de verreries et cristalleries désormais, eu égard à l’interdiction du plomb) et savent le faire savoir !

La province du Småland (littéralement les petits territoires du temps des Vikings) est réputée pour la fabrication de ses meubles. La forêt abonde sur des sols impropres – cailloux et rochers – à l’agriculture. C’est le fief d’IKEA et autres gros fabricants de meubles de bureaux (Lammhults, Abstracta, etc.). À Lammhult , un centre de création « vert » vise à donner le ton de la fabrication écologiquement intégrée. Encore un modèle !

Côté formation, la commune envisage, au niveau universitaire, une formation en énergie renouvelable !

Växjö, c’est 80 000 habitants, 8 000 entreprises, 2 à 3 % de chômage en haute conjoncture, un peu plus aujourd’hui, maintenant que la Suède est entrée en récession en novembre 2008. Le crédo de la ville ? Une phrase de John Lennon : « Think global, act locally » (Pensez mondial, agissez localement) ! Växjö s’est mise au vert, quoi de plus normal ? Le vert n’est-il pas l’intermédiaire entre le bleu et le jaune (couleurs du drapeau suédois)… les volontés citoyennes écologistes du gouvernement suédois trouvent leurs applications chez la verte Växjö !

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Réactions

Une réaction pour “Sauce verte à la suédoise !”

  1. Une belle publicité mais c’est tout de même les « restes » d’un avion qui sont mis en valeur :)
    Mais ça doit être un montage informatique donc pas de problèmes ;)
    gael

    Posté par ioniseur | mars 6, 2009, 11:34

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