Qu’y- a-t’il de plus durable que… le jardin à la française d’André Le Nôtre ?

Une exposition au château de Versailles qui se tient jusqu’au 23 février 2014 « André Le Nôtre en perspectives, 1613-2013 » vient de nous le rappeler et La Suède Durable vous conseille vivement sa visite. Elle « met en perspectives » tout le travail et la personnalité de l’architecte-jardinier de Louis XIV, ingénieur, hydraulicien, paysagiste, urbaniste et magicien de l’espace, en présentant des gravures, des dessins, des croquis, des peintures, des bronzes jamais montrés et prêtés, pour cette unique occasion, par la Bibliothèque Nationale et l’Institut de France, le Musée du Louvre et le Nationalmuseum de Stockholm.

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Contexte : les 400 ans de la naissance d’André Le Nôtre.
La célébration du 400ème anniversaire de la naissance d’André Le Nôtre est l’occasion de s’interroger sur les jardins et le paysage du XXIème siècle. Depuis sa redécouverte à la fin du XIXème siècle, le grand jardinier de Versailles est une référence en France et dans le monde. Chacun s’y réfère avec sa propre culture, technique, horticole, paysagère, artistique.

Le Nôtre était à la fois jardinier, ingénieur, artiste, urbaniste, aménageur du territoire. Finalement assez proche de la diversité des métiers du paysage aujourd’hui, traitant toutes les échelles de l’aménagement – du jardin au territoire – et mobilisant une multitude de savoirs et de savoir-faire.

A Vaux-le-Vicomte par exemple, le modèle du jardin à la française signé André Le Nôtre, Patrick Borgeot, le jardinier en chef depuis 2007 souligne « Nous utilisons le même réseau hydraulique qu’au 17è siècle » (Geo, sept 2013)

Dans le cadre du programme européen des actions Cité Verte et forts du Manifeste « Pour une Cité verte » publié en octobre 2011 qui proclamait que : « Les jardins et les paysages sont les éléments essentiels de nos vies et de nos villes », Les Rencontres André Le Nôtre organisées en juillet 2013 visaient à promouvoir les métiers de l’horticulture et du paysage, à réfléchir sur leur rôle et leur responsabilité, dans la construction d’un nouvel environnement.

Il s’agit d’un événement médiatique et fédérateur qui porte à la connaissance d’un public d’élus, de représentants des collectivités et du monde économique, de prescripteurs, d’initiés et de citoyens ainsi que des médias, des démarches professionnelles exemplaires, une réflexion et des propositions pour l’avenir.
Ces Rencontres André Le Nôtre eurent lieu à la suite du Colloque de Cerisy –la-Salle de 2012, sur le thème du « Renouveau des jardins : des clés pour un monde durable ».

Thématique des Rencontres : Le jardin au XXIème siècle, formes et enjeux
«… Longtemps les jardins ont été étudiés comme une expression de la richesse et du pouvoir, traités en marge de l’histoire de l’architecture et des villes. Mais aujourd’hui, historiens, ethnologues, sociologues considèrent le jardin comme un sujet d’étude à part entière, aidant à comprendre les aspirations d’une société.

Les jardins se démocratisent au XIXème siècle, à partir de l’Angleterre grâce à la création des grands parcs publics, puis progressivement grâce à l’essor des jardins individuels. Parallèlement à cette évolution, les métiers du jardin et du paysage se développent, s’organisent et étendent leurs champs d’action.

L’engouement pour les jardins et le paysage est consubstantiel au développement urbain : les jardins compensent l’éloignement de la nature, la rupture avec les racines rurales…
Au XXIème siècle, jardins et paysage sont au centre des problématiques d’aménagement des villes et des territoires, et au centre des aspirations de la société à un meilleur cadre de vie, une meilleure qualité de vie.

Le jardin et le paysage posent la question fondamentale d’un monde meilleur, habitable, durable, et ayant du sens. La notion de jardin, de l’espace clos originel et symbolique, s’élargit désormais à l’espace de la ville (villes jardins, éco-quartiers, jardins partagés…), à l’ensemble des territoires. Le jardin a définitivement quitté le (seul) champ décoratif ou vivrier auquel il fut longtemps assimilé pour les champs de l’environnement, du bien-être et de la santé, du social, de la culture et de l’économie et, désormais, celui de la nature en ville.

En citant le concept de Jardin planétaire élaboré en 2000 par Gilles Clément (« Ensemble décidons que la terre est notre seul et unique jardin »), l’historienne Monique Mosser rappelle que jardiner est une manière responsable d’être au monde… » (Extraits des attendus des Rencontres André Le Nôtre, juillet 2013).
Quelle meilleure contribution et définition de la transition écologique sur la planète !