Entretien avec Sarah Nilsson, responsable de la planification énergétique de Växjö.

Entretien avec Sarah Nilsson, responsable de la planification énergétique de Växjö par Anne-Françoise Hivert.

Au sud de la Suède, la ville de Växjö a pris une longueur d’avance dans la lutte contre les changements climatiques. Plus de la moitié de l’énergie consommée par la commune de 80 000 habitants provient désormais de sources renouvelables. Växjö est ainsi parvenue à diminuer de 32% ses émissions de CO2 entre 1993 et 2007. Elle espère les réduire de moitié d’ici 2010. Sarah Nilsson, responsable de la planification énergétique, raconte.

Comment êtres vous parvenus à de tels résultats ?

Nous avons commencé par restaurer les trois lacs qui entourent la ville, dans les années 60. La situation était désastreuse. Nous avons été les premiers au monde à utiliser certaines techniques, dont un système de traitement des eaux de ruissellement. La deuxième étape a été la transformation de la centrale thermique en unité de cogénération en 1980. Puis, l’utilisation de biocarburants pour produire de la chaleur et de l’électricité. Aujourd’hui, presque tout le centre-ville est relié au réseau de chauffage urbain et les villages alentours sont chauffés par quatre petites centrales, toutes alimentées par des biocarburants. La biomasse provient exclusivement des déchets de l’industrie forestière. Nous avons décidé de faire de Växjö une ville sans combustibles fossile. Beaucoup reste à faire dans le secteur des transports, mais nous allons construire une usine produisant du biogaz, qui devrait alimenter tous les bus de la ville d’ici 2011. Et nous espérons aussi être choisis pour accueillir une usine fabricant du diméthyléther (DME).

Combien a coûté cet engagement ?

Je ne crois pas que ça nous ait coûté cher. Au contraire. Au début, les investissements étaient importants. Mais ils se sont vite rentabilisés. Nous produisons du chauffage et de l’électricité à très bons prix. Et puis, si la Suède est parvenue à diminuer ses émissions de CO2 de près de 10% entre 1993 et 2007 en affichant une croissance de 40%, nous avons réussi à les réduire de 32% avec une croissance de 50%. En prenant les restes de l’industrie forestière qui ne servaient à rien par exemple, et en les transformant en chaleur, nous créons de l’activité. Même chose lorsque nous réservons certaines zones à la construction de maisons en bois à faible consommation d’énergie. Les promoteurs immobiliers ne sont pas contents, mais ils en profitent en développant des techniques qu’ils peuvent utiliser ailleurs.

Quelles sont vos recommandations pour ceux qui voudraient vous imiter ?

L’essentiel est de comprendre l’importance du développement durable. On n’a pas besoin de tout résoudre d’un coup. Mais il faut se fixer des objectifs sur le long terme. Tout le monde a des déchets. Pourquoi ne pas regarder si on ne peut pas en faire quelque chose, plutôt que de les envoyer à la décharge ? Construire des pistes cyclables coûte aussi beaucoup moins cher que d’investir dans des routes. Évidemment, c’est plus facile d’agir quand tous les partis sont d’accord comme à Växjö. On n’accompli pas de gros changements sur la durée d’un mandat. Mais je ne vois pas comment on ne peut pas arriver à un consensus sur ces questions.

Anne-Francoise HIVERT est correspondante en Scandinavie pour TERRA ECONOMICA. Retrouvez tous ses articles sur www.planete-terra.fr et www.terra-economica.info .

Une réflexion au sujet de “Entretien avec Sarah Nilsson, responsable de la planification énergétique de Växjö.

  1. Céline d'immo Toulouse

    Analyse intéressante. Ce qui m’a fait sourire c’est « Les promoteurs immobiliers ne sont pas contents ». Ils sont plus dans cet esprit d’engagement durable lorsqu’il s’agit d’avoir un argument supplémentaire je pense pour la vente des biens immobilier. Bravo en tout cas pour blog et les analyses faites dans le sens de la planète