Pour la COP21, le Finistère présente ses solutions durables en faveur d’une croissance verte (1/3)

Finistere_brest_ifremer

Nous étions déjà allés dans le Finistère, à la pointe de la Bretagne,  voir quelques-unes de ses entreprises … de pointe, chacune dans son secteur d’activité, l’automobile, la médecine, les biotechnologies marines, la cyber-sécurité, l’agriculture… nous y sommes retournés juste avant la COP21, cette fameuse Conférence internationale sur le Climat qui se tiendra à Paris du 30 novembre au 10 décembre prochain, pour rencontrer des acteurs économiques, à la pointe de leurs technologies et qui œuvrent concrètement à une bonne réalisation de la transition énergétique.

« Que ce soit en matière de stockage d’énergie pour les transports collectifs, de réduction des émissions de CO2, de traitement et de valorisation des ressources méthanisables, le Finistère souhaite valoriser cette filière d’excellence, promouvoir l’expertise et le savoir-faire des entreprises finistériennes qui innovent dans ce secteur-clé pour l’avenir de la planète » écrit Nathalie Sarrabezolles, Présidente du Conseil départemental du Finistère.

Tour d’horizon donc  du savoir-faire finistérien en matière de solutions durables pour une croissance verte avec une des plus grandes compagnies mondiales, le Groupe Bolloré et ses Blue Solutions électriques (Bluecar, Bluebus, Bluetram), des PME/PMI indépendantes comme QUENEA et ses systèmes de production d’énergies renouvelables , ENAG/CRISTEC et ses matériels de conversion d’énergie pour la Marine, la Défense, le ferroviaire et l’industrie de plaisance, AMZAIR Industrie et ses pompes à chaleur 100% françaises, performantes, esthétiques et durables ou bien encore avec de jeunes start-up locales, hautement ingénieuses et innovantes qui ont toutes la même ambition : œuvrer concrètement à la transition énergétique.

TOWT remet dans le vent le transport à la voile!

Finistere_Towt2-493x326La TransOceanic Wind Transport (TOWT) est une société de transport à la voile qui souhaite remettre au goût du jour le transport de fret maritime, sur les courtes et longues distances. « Le premier objectif est de réutiliser le savoir-faire de la marine à voile en affrétant des vieux gréements aptes au transport de produits artisanaux et du commerce équitable. Le second de promouvoir de futurs éco-voiliers, au titre du développement durable, pouvant concurrencer les cargos et porte-conteneurs très gourmands en carburant et en émission de CO2 » présentent en choeur le Brestois Guillaume Le Grand et la Colombienne Diana Mesa, les deux associés de la jeune compagnie maritime française qu’ils ont créés en 2009.
TOWT travaille en particulier avec la Grande-Bretagne, les Pays-Bas et la Scandinavie, très concernés par les énergies renouvelables. L’entreprise a ainsi exporté plus de 80 tonnes de produits vers ces pays en 2015. Un label de qualité « Transport à la voile respectueux de l’environnement » est proposé aux différentes marchandises transportées par la dizaine de voiliers affrétés dont les Trois mâts barques danois Kaskelot et suédois Götheborg.
Quoi de plus naturel que le vent pour transporter des volumes significatifs à travers mers et océans ? Face au gigantisme des porte-conteneurs grands consommateurs d’énergies fossiles, TOWT étudie la construction d’un éco-voilier cargo, trois-mâts, 60m de long, 1000 tonnes de capacité qui serait prêt avant 2020.

IMEON Energy propose l’autonomie énergétique.

Finistere_IMEONImeon Energy est un fabricant breton d’ondulateurs (régulateurs) solaires intelligents, dédiés à l’autoconsommation qui permettent aux particuliers, aux entreprises ou aux collectivités de réduire leur facture d’électricité et de viser l’autonomie énergétique. L’ondulateur IMEON s’intègre entre une installation photovoltaïque, le réseau public et des batteries pour stocker l’excédent de production solaire et la restituer ultérieurement. En Europe, une baisse de la facture d’électricité de 30 à 80% est généralement constatée après installation. L’entreprise française IMEON Energy vient de décrocher un important contrat pour fournir environ 1,5 MW d’onduleurs solaires dans les départements et territoires d’outremer. « Il s’agit à travers ce partenariat d’apporter des solutions écologiques et économiques aux difficultés de production de l’électrique dans ces différentes régions… Notre entreprise très jeune et innovante dispose d’un réseau d’une vingtaine de distributeurs présents dans près de 70 pays à travers le monde »  précise Christophe Goasquen, le directeur opérationnel.  A l’heure ou l’on présente de grands projets comme celui que « toute l’Afrique ait accès à l’électricité  » (contribution de Jean-Louis Borloo, ex-ministre de l’environnement pour la COP21), IMEON Energy démontre que les solutions sont possibles. L’entreprise est devenue depuis cette année la solution incontournable en Afrique du sud.

3EI veut développer des micro-unités de biogaz.

Finistere_BiogazCréée en mai 2013 au technopôle de Brest Iroise, 3EI explore encore un marché encore peu exploité en France : le gaz vert. La méthanisation et plus particulièrement la technologie de la méthanisation à la ferme, à savoir la transformation de matériaux organiques principalement les déjections animales en biogaz. « Pour l’instant la France n’a pas du tout misé sur cette technologie qui s’inscrit pourtant dans la logique d’un développement durable contrairement à la Scandinavie, l’Allemagne l’Italie » explique Marco Leto président et fondateur de 3EI
Sa cible ce sont les exploitations agricoles mais également les collectivités qui montrent un intérêt grandissant pour la technologie « Aujourd’hui les agriculteurs sont soumis à d’importantes fluctuations de leurs revenus car leur production est devenue l’objet de cours de bourse… Une unité de méthanisation permet d’amortir ces difficultés en garantissant un complément de revenus important tout en apportant une réponse aux obligations environnementales en matière de stockage des déchets » assure Marco Leto. Dans le Finistère le potentiel énergétique et économique est énorme. Plus de 7.000 exploitations, 8 millions de tonnes de biomasse sont disponibles par an dans le département confirme le Conseil Général. «Ici, c’est le nec plus utra! Si on est capable de s’installer ici, on sera capable d’être une référence partout en France et même en Europe » promet Leto.

PebsCo Bretagne installe des data center éco-responsables près de chez vous!

Finistere_Pebsco_2On connait la démarche des Google, Apple, Facebook, Amazone et leurs besoins d’énormes installations de data centers en Europe, Irlande, Norvège et Suède particulièrement , Pebsco a choisi Brest pour installer son premier centre de stockage de données numériques, éco-responsable. « La configuration spécifique de la Bretagne en fait un secteur géographique quelque peu délaissé par les opérateurs de data center. Nous avons voulu corriger cela afin de rendre les entreprises libres de leurs choix en disposant d’une offre locale qui leur permettre d’améliorer leur compétitivité et d’externaliser leurs serveurs » présente Thierry Pélabon co-fondateur de Pebsco
Ce data center prénommé Hermine conçu dans une démarche Green IT est destiné à répondre aux besoins croissants en externalisation des acteurs économiques bretons PME/PMI et leur offrir un service de proximité fiable, indépendant et équitable. Les différents espaces de stockage sont équipés d’une « technologie dite free-cooling » avec confinement d’air pour le refroidissement des machines, ce processus limitant considérablement le recours aux climatiseurs, particulièrement énergivores. Hermine a coûté 1 millions d’euros pour une capacité de 1.000 m2,  a ouvert ses portes ce mois de novembre et pourrait s’étendre sur le territoire.

Le Finistére invente le compte épargne anti-CO2.

ANNONCE 450- 149X150.inddLes particuliers, les entreprises, les collectivités locales qui amélioreront leur bilan carbone pourront en tirer profit grâce à ce compte épargne qui leur donne droit à des réductions auprès de la SNCF, du Crédit Mutuel et à des compensations en pouvoir d’achat…
Initialement lancé en 2013 sur le département du Finistère sous les parrainages de Michel Rocard Nicolas Hulot, ardents ambassadeurs de l’environnement et du développement durable, le compte C02 s’est généralisé en 2015 partout en France. Et pourrait être exporté en Europe. Il a déjà convaincu près de 10.000 titulaires et permis d’éviter l’émission de 200.000 tonnes de carbone.
Le compte Epargne CO2 inventé comme son nom l’indique par la start-up brestoise CompteCO2 est un produit d’épargne original, écologique et permet à ses souscripteurs de se constituer un pécule, sans verser d’argent (vous ne payez rien, pas de taxes carbone, pas de nouveaux impôts…!!),tout  simplement en limitant leurs émissions de carbone.
Vous ouvrez un compte sur compteepargneco2.com, la société se charge de faire votre bilan carbone à partir de vos relevés de consommation, de l’isolation de votre logement, des modes de transport que vous utilisez au quotidien… Tous vos efforts faits pour réduire votre consommation d’électricité sont ensuite pris en compte. Une nouvelle chaudière ? Une voiture électrique pour moins polluer ? Ce sont autant de kilos de carbone économisés qui iront arrondir votre compte Epargne CO2., pour être le moment venu convertis en espèces sonnantes et trébuchantes (au cours actuel de 52,64 € la tonne) ou en offres spéciales auprès de partenaires : réductions de billets de train, sur les frais de dossier d’un crédit consommation au Credit Mutuel, abonnements Europcar, Terra Eco, Télégramme de Brest… ou bien encore vous pourrez le redistribuer aux salariés de votre entreprise ou aux administrés de votre collectivité, le revendre à une autre entreprise sur le principe de la compensation volontaire.
« L’idée est de donner de la valeur CO2 pour inciter positivement, financièrement, les citoyens à modifier leur comportement et remplacer des équipements obsolètes, en échange de quoi, on ne les fait plus payer mais on leur fait au contraire gagner de l’argent. Ça ne coûte rien et ça rapporte…! » insiste Jean-Luc Baradat, Directeur Général.
Alors une nouvelle monnaie commune pour le climat et la transition énergétique !!??

Dans un prochain article, nous poursuivrons notre voyage dans le Finistère à la pointe de la Bretagne, à la pointe de la transition énergétique avec QUENEA Energies à Carhaix , ENAG/CRISTEC à Quimper , AMZAIR Industrie à Brest et le Groupe Bolloré à Ergué-Gaberic…

Toutes Photos:DR