Pour la COP21, le Finistère présente ses solutions durables en faveur d’une croissance verte (2/3)

Economies d’énergie, transition énergétique, conférence climat… L’actualité de cette fin d’année 2015 est riche en questionnements autour de notre avenir énergétique.
Comment répondre aux problématiques posées ?

Dans notre premier volet  nous avions découvert comment de jeunes startups bretonnes participent à la croissance verte en France et à l’étranger: transport à la voile, méthanisation, smart-grid solaire, data-center éco-responsable, compte épargne-carbone… voici ici trois PME/PMI qui, par leur technologie et leur innovation, proposent concrètement des solutions pour une bonne réalisation de la transition énergétique….finistere_energie

Depuis 20 ans Quénéa Energies Renouvelables installe des solutions d’énergies propres sur mesure.

Forte de 25 salariés et d’un chiffre d’affaires de 16 M €, la société de Pascal Quénéa a fait le pari des énergies renouvelables. Ingénieur de formation c’est très tôt que Pascal Quénéa se tourne vers le développement des énergies renouvelables et principalement en applications photovoltaïques et éoliennes  en Allemagne puis en Afrique, Maroc, Sénégal, Côte d’Ivoire… et depuis 1996 en Bretagne.

IUT de Lorient, Ecole Normale Supérieure ou lycées bretons sont les premiers chantiers décrochés par le jeune entrepreneur: « C’est ce qui m’a permis de mettre en place une plateforme pédagogique et d’engager plusieurs stagiaires sur cette nouvelle activité, qui n’était pas très connue à l’époque. Personne ne parlait d’énergies renouvelables. Encore moins du solaire. Nous sommes en Bretagne où, selon une idée bien reçue, il n’y aurait pas de soleil ! »

Finistere_07_Quenea_LyceeStMalo_02Et puis tout dernièrement: 
– Le 24 juillet 2015, après 7 mois de chantier, a eu lieu la mise en service de deux installations photovoltaïques au Lycée professionnel maritime de St Malo. En septembre les élèves ont donc fait leur rentrée dans un bâtiment flambant neuf qui produit plus d’énergie qu’il en consomme.
– Le 13 août dernier: montage de la première éolienne d’un parc terrestre au bois de Folleville à Bréhan (Morbihan). D’importants moyens ont été mis en place pour le montage des autres éoliennes notamment une grue de levage de plusieurs tonnes.  La mise en service sera la prochaine étape.
– En tant que mécène du Festival des Vieilles Charrues de Carhaix (Finistère), le plus grand festival de rock en France, Quénéa s’attache chaque année à présenter de nouvelles solutions renouvelables  grâce à des aménagements de production d’électricité. Cette année Quénéa  Energies Renouvelables s’est associé à la section Sciences et Technologies Industrielles, Développement Durable  du Lycée Paul Sérusier de Carhaix, pour développer un système d’éclairage autonome. Le mat est équipé de deux lampadaires à LED alimentés par une petite éolienne et des panneaux solaires photovoltaïques, et un système de stockage par batteries.
Finistère_Quénéa_Manoir-de-Kerledan-1_lightbox– Quénéa se distingue également par ses applications innovantes de modules solaires photovoltaïques directement sur la structure de bâiments neufs ou en rénovation comme au Manoir de  Kerléan (Carhaix).

« Nous avons quatre parcs éoliens en cours de construction. Ce sont des projets industriels exigeant en termes de préparation, d’études d’impact, enquêtes publiques ou autorisations préfectorales etc… Parc solaire et parc éolien. Du petit et du grand. C’est le mélange des deux échelles qui est intéressant », ajoute Pascal Quénéa

En 2012 Quénéa s’installe au Maroc pour mener des projets de développement d’énergies propres au service des industriels, des entreprises, des exploitations agricoles et des populations locales. On sait que l’Afrique est un puits de ressources solaires et éoliennes mais où 80% de la population n’a pas accès à électricité.

ENAG/CRISTEC crée en permanence des énergies propres

Finistere_Enag_exterieur-01-2c7a0Basé à Quimper depuis près de 70 ans, la société Enag conçoit et réalise des équipements de conversion (transformation) d’énergie pour des usages intensifs dans des environnements  comme la marine offshore, la défense, le ferroviaire, l’aéronautique… Le groupe emploie environ 100 personnes et réalise un chiffre d’affaires de 16 millions d’euros, dont 65 % à l’export. Devenu l’un des spécialistes français de la conversion d’énergie, le groupe a étoffé son savoir-faire en 1993 en rachetant Cristec, société spécialisée dans l’énergie embarquée pour la navigation de plaisance et en particulier les chargeurs de batterie automatiques.
Au fil du temps, le savoir-faire Enag/Cristec s’est imposé, notamment dans l’électronique qui compose aujourd’hui 73 % du chiffre d ‘affaires.

Finistere_Enag_propulseurLa particularité d’Enag réside dans sa capacité à concevoir des produits pour des environnements dit sévères. « Il faut réussir à développer des équipements électroniques « tout terrain » pouvant être utilisés dans des conditions extrêmes de température, de vibrations, de choc ou d’humidité. Nous adaptons et optimisons nos produits pour qu’ils correspondent aux attentes de nos clients… dans les contraintes où ce sont les applications sur le terrain, souvent dans des conditions extrêmes, qui vont déterminer le cahier des charges du matériel à concevoir »  insiste Denise Barry, Responsable Export.

« Nous devons poursuivre l’excellence technique. Enag ne vend pas de la remise mais propose une solution unique et optimum à ses clients… Enfin l’international, un tiers des ingénieurs et cadres ici ont passé plus de six mois à l’étranger est un vrai plus » continue Henri Le Gallais, le PDG de l’entreprise

Enag/Cristec est un partenaire reconnu par les grands donneurs d’ordre institutionnels en France comme à l’étranger (une soixantaine de pays) sur les marchés de très haute technologie. Il collabore notamment aux produits de maintenance pour les nouvelles lignes ferroviaires à grande vitesse développées par Hitachi en Angleterre, la propulsion de l’Arpège, navire de pêche du futur mis à l’eau en septembre 2015 ou bien encore pour des matériels ABB sur les plateformes offshores pétrolières, notamment en Norvège.

AMZAIR Industrie invente des pompes à chaleur, 100% françaises, intelligentes  et durables.

Finistere_AmzairCréée en 1998, AMZAIR Industrie conçoit et fabrique, à Brest (Finistère), des pompes à chaleur géothermiques et aérothermiques pour le marché du résidentiel (habitat individuel, groupé et collectif) et du petit tertiaire. « Réduire l’impact du secteur du bâtiment sur l’environnement et accélérer la transition énergétique avec des solutions sobres en CO². Améliorer le confort thermique tout en réduisant fortement les consommations et lutter contre la précarité énergétique sont les deux piliers de la dynamique d’innovation d’Amzair » dit Glen Desmousseaux, l’un des deux dirigeants de la société qui emploie une vingtaine de personnes pour 2,5 millions € de CA

Il existe plus de 70 références certifiées en chauffage et en eau chaude sanitaire. Plusieurs gammes de pompes à chaleur de haute technologie sont fabriquées par Amzair Industrie. Pour un kWh d’énergie consommé par une PAC, celle-ci restitue jusqu’à 5kWh dans la maison sans émission de CO2 ni de particule. L’installation d’une PAC peut permettre de diviser sa facture d’électricité par 3 par rapport à une chaudière gaz propane.

Et en 2014, Amzair a lancé sa petite bombe sur le marché: le tout-en-un baptisé  l’Optim’Duo:

20151105_163451_resizedInnovation technique brevetée unique en France, idéale pour les nouveaux bâtiments résidentiels ou tertiaire (écoles, bureaux etc.), «cet équipement regroupe en une seule colonne une pompe à chaleur et un ballon d’eau chaude sanitaire. Avec une faible emprise au sol (60×60 cm), cette pompe à chaleur est une solution 3 en 1 qui allie chauffage, eau chaude sanitaire et rafraîchissement… De même, l’acoustique a été soignée, avec 42 décibels maximumNous comptons en commercialiser 1 000 cette année et monter en puissance peu à peu. » dit son inventeur Dominique Cadour, le co-dirigeant de l’entreprise. Et les premiers contacts avec le marché européen renvoient de bons échos

Economies d’énergie, transition énergétique, conférence climat… L’actualité de cette fin d’année 2015 est riche en questionnements autour de notre avenir énergétique, disions-nous. Mais si, à la COP21, ces quinze prochains jours, l’objectif des grands de ce monde est de tenter de trouver un accord pour FREINER le changement climatique, l’objectif des entreprises, startup, PME/PMI/TPM  que nous avons vus dans le Finistère est d’ ACCÉLÉRER en permanence la transition énergétique.

Dans le  dernier volet de notre reportage nous irons voir le fleuron de l’industrie bretonne le Groupe Bolloré et ses « Blue Solutions » de transports électriques. Après la BlueCar, le BlueBus et le Bluetram rouleront dans Paris pendant la COP21.