Oslo (Norvège): Quand nos excréments contribuent à l’écologie…!

Bannir les voitures du centre-ville d’Oslo d’ici 2019: tel est le projet de la coalition qui a remporté les élections municipales en septembre 2015.

Cette proposition inédite, destinée à réduire de moitié les émissions de gaz à effet de serre, préoccupe les commerçants de la capitale norvégienne qui compte une dizaine de centres commerciaux.

Autobus et tramways continueront de desservir le centre-ville et des arrangements seront trouvés pour les véhicules transportant des personnes handicapées ainsi que pour les véhicules de livraison, ont déclaré les trois partis dans un communiqué commun. Ils promettent aussi une hausse massive des investissements dans les transports publics, la construction de 60 km de pistes cyclables d’ici 2019, de subventionner l’achat de vélos électriques et de réduire le trafic automobile dans toute l’agglométation de 20% d’ici 2019 et de 30% d’ici 2030.

Dans cette agglomération de 600.000 habitants, où près de 350.000 véhicules circulent, la nouvelle équipe municipale s’est fixé l’objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 50% en 2020 par rapport à 1990.

The biomethane plant outside Oslo uses Wärtsilä-Hamworthy liquefaction technology .. Stig Jarnes photo courtesy Wärtsilä

Depuis cet été, les fameux bus rouges d’Oslo se sont mis au vert. A la place du diesel, ils utilisent du biométhane, un carburant produit indirectement à partir des déjections des habitants de la ville, autrement dit une source d’énergie renouvelable à l’infini !

Depuis l’été 2010, des bus roulent dans la capitale norvégienne grâce au biogaz. L’originalité du dispositif mis en place par la municipalité d’Oslo consiste à utiliser comme carburant le méthane émis par la fermentation des déjections des habitants qui provient d’une des stations d’épuration de la ville.

Oslo capitale de l’environnement durable

Selon les calculs de la municipalité, si tous les bus marchaient au biométhane, cela réduirait les émissions de CO2 de 6 %, soit environ 44 tonnes par an. Ole Jakob Johansen, responsable du projet au sein de la municipalité, explique au Guardian qu’Oslo a pour ambition de devenir l’une des capitales « les plus durables et respectueuses de l’environnement au monde ». La station d’épuration de Bækkelaget est chargée de produire du biogaz à partir du méthane issu des déjections de la population d’Oslo – plus précisément environ 37-38 % de la population totale de la ville, soit 250 000 habitants.

« En allant aux toilettes, une personne produit l’équivalent de huit litres de diesel par an. Cela semble peu mais, multiplié par 250000, cela permet de faire rouler 80 bus, à raison de 100 000 km chacun », explique à l’AFP M. Johansen, chef du projet « Bus écolo » à Oslo. Comparé au gazole, le biométhane – ou gaz naturel pour véhicules (GNV), est neutre en carbone et permet une réduction de 78% des émissions d’oxyde d’azote, une réduction de 98% des particules fines et une réduction de 92% du bruit. « On gagne sur tous les tableaux : cela représente un bilan carbone neutre, cela ne pollue presque pas, c’est moins bruyant et c’est renouvelable à l’infini », ajoute M. Johansen.

C’est après une étude très sérieuse, démontrant que la pollution de l’air provenant des véhicules privés et publics représente 50% des émissions de CO2 à Oslo, que naquit ce projet.

Le projet de la ville serait de limiter au maximum l’émission de carbone et ainsi, d’ici 2050, faire de la Norvège un pays neutre en carbone. Ainsi, depuis qu’une étude avait démontré la hausse de 10% de la pollution provenant des véhicules à Oslo depuis 2000, le projet de créer un gaz écologique était devenu une priorité.

Ce biogaz a donc été créé et est obtenu par l’intermédiaire des stations d’épurations, celles-ci destinées au traitement des eaux usées, mais plus précisément, c’est le méthane produit par la fermentation des boues existantes grâce aux déjections des 250 000 habitants de la ville, qui permet l’obtention de ce biogaz miracle appelé Biométhane.

Au final, le carburant obtenu est propre et permet depuis cet été d’alimenter 80 bus en attendant d’étendre le projet aux 320 bus restant que compte le réseau d’Oslo.

Côté coût, il faut compter 15% de plus par rapport à un carburant classique, une différence qui pourrait s’expliquer par le tarif plus élevé des bus lors de l’achat.

Photo:DR