La COP24 est morte et le danger plane sur la COP25!!

La COP25 se tiendra au Chili en novembre 2019 mais les regards se tournent surtout sur le Sommet sur le climat que programment les Nations Unies en septembre prochain à New York. Ce sera alors véritablement le dernier moment, pour les Etats, de revoir à la hausse leurs ambitions climatiques.

L’accord de Paris sur le climat donnait aux pays signataires jusqu’à 2020 pour déposer leurs engagements à réduire leur gaz à effet de serre. Beaucoup d’Etats ont déjà déposé leurs contributions nationales (pour certains, il y a plusieurs années déjà). L’enjeu aujourd’hui est qu’ils acceptent de les revoir à la hausse en prenant en compte les derniers rapports scientifiques invitant à être plus ambitieux. Plusieurs pays sont réfractaires, y compris au sein de l’Union européenne.

« L’actuelle version de la décision finale de la COP 24 fait écho de l’importance de ce sommet de septembre prochain, raconte Lola Vallejo. Et c’est une nouvelle fois l’objet de tension. L’extrait dit que ce sommet permettra aux Etats de montrer, par leur participation, leurs ambitions climatiques. Certains Etats ne veulent pas s’engager autant. ».

Les négociations furentdifficiles à Katowice,  et n’ont donc accoucher que des règles d’application de l’accord de Paris, un « rulebook ». mais rien sur des engagements des pays à la hausse compte tenu du dernier rapport du Giec sur l’accélération du réchauffement.

Que comprend la déclaration finale de la COP 24 ?
L’un des gros pavés est constitué des règles d’applications de l’Accord de Paris. Ce fameux rulebook, qui fait plus de 100 pages à lui seul. C’est la mission principale de cette COP24.

Mais cette déclaration finale fait peu de cas du dernier rapport du Giec (Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat) sur les conséquences déjà alarmantes d’un réchauffement climatique à 1,5°C d’ici à 2100 [alors que nous sommes bien plus actuellement sur une trajectoire de 3 °C]. Il est attendu aussi que ce texte final aborde la question de l’ambition climatique, en appelant les Etats à rehausser avant 2020 leurs engagements à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.
Le Sommet à New York et la COP25 au Chili  fin 2019 seront les derniers grands rendez-vous pour respecter ces engagements..

Le contexte a changé aujourd’hui. La prise de conscience de l’urgence climatique s’accélère et exige désormais que l’ensemble des pays contribuent à la baisse des émissions de gaz à effet de serre. Surtout, « des Etats rangés hier parmi les pays en voie de développement – la Chine ou l’Inde par exemple, deux gros pays émetteurs de C02- ont la capacité aujourd’hui de rendre compte de leurs engagements et/ou de comptabiliser leurs émissions », indique cette même source proche des négociations.

Ce rulebook doit alors faire émerger un nouveau système de règles de transparence. Un dossier épineux, « même si nous avons beaucoup avancé ces dernières heures », s’accordent à dire plusieurs observateurs. « On se dirige vers des règles de transparence s’appliquant à tous mais prévoyant des facilités pour les pays dans l’incapacité encore aujourd’hui de les appliquer, explique David Levaï, de l’Iddri. Le recours à ces facilités devra être justifié et ne fonctionnera que pour une période de transition. Le temps que les Etats les moins avancés montent en gamme et puissent adopter le régime commun. »

Les points d’achoppement à Katowice ?
La référence que doit faire la décision finale de la COP 24 au dernier rapport du Giec pose toujours question. Ce point avait fait grand bruit le week-end dernier, L’Arabie saoudite, les Etats-Unis, la Russie et le Koweït ne veulent pas « accueillir » ce rapport, comme la majorité de la communauté internationale, mais seulement « en prendre note », ce qui les engage moins à revoir à la hausse leurs ambitions climatiques. Ce point n’est toujours pas totalement réglé, faisait entendre, jeudi soir, Isabella Lövin, vice-ministre suédoise en charge du climat.

Un autre point de tension est celui des « pertes et dommages », c’est-à-dire les dommages inévitables causés par les dérèglements climatiques tels que les ouragans ou les inondations. Le sujet est majeur pour les pays les plus vulnérables aux changements climatiques. D’autres – ceux du Nord notamment- sont frileux à le mentionner dans les textes officiels, de peur d’avoir à émettre des chèques en blanc au titre de réparation. « Alors que l’accord de Paris y accordait un article entier, elle est aujourd’hui relayée en note de bas page dans le rulebook, s’inquiète Fanny Petitbon, responsable des plaidoyers pour l’ONG Care France. Face aux mécontentements de certains pays, une accroche sur « les pertes et dommages » a été ajoutée à l’actuelle version de la décision finale de la COP 24. « Mais dans des termes vagues, c’est encore insuffisant », note Fanny Petitbon.

Enfin, il y a tout ce qui touche aux mécanismes de coopération de marché. Un volet technique complexe qui permet aujourd’hui à des Etats dont les émissions dépassent les plafonds d’acheter des crédits « carbone » à d’autres pays. « Puisque les futures règles de transparence obligeront l’ensemble des Etats à rendre des comptes et à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, plus aucun pays n’aura intérêt à vendre des crédits carbone, explique David Levaï. Il faut donc se demander ce qu’on fait de ces mécanismes de coopération de marché et l’adapter au nouveau contexte. » (Avec AFP)

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