25 ans de COP pour quoi faire?

La conférence mondiale sur le climat à Madrid (COP25) qui s’est achevée le 15 décembre sur un accord a minima, a déçu beaucoup de ses participants, mais aussi de protecteurs de l’environnement et de scientifiques.

Les sujets sensibles ont été reportés à plus tard et les déclarations d’intentions formulées ne pèsent pas bien lourd. Entre le compromis obtenu à l’issue des prolongations de la conférence et les revendications des scientifiques pour la protection du climat, il y a un monde. Dans ce contexte, la presse européenne se demande si en matière de protection du climat, une partie des Etats doit mener la danse, suivant le modèle de « l’Europe à deux vitesses » et ils sont nombreux, les Nordiques surtout, à estimer qu’il ne faut pas renoncer et indiquent à quels niveaux poursuivre le combat.

Le quotidien du soir Aftonbladet énumère des raisons d’espérer:
«L’égalité entre les sexes dans les mesures de protection du climat a été consolidée. Chaque pays est appelé à réviser ses objectifs climatiques à la lumière des dernières connaissances scientifiques. Au-delà de la COP25, on enregistre des progrès : à titre d’exemple, beaucoup d’entreprises opérant au niveau mondial assument davantage de responsabilité pour la protection du climat. Aux Etats-Unis, une dizaine d’Etats fédéraux et un grand nombre de villes se sont engagés à respecter l’accord de Paris bien que Donald Trump lui ait tourné le dos. La Banque mondiale, le FMI et l’UE prennent d’importantes mesures pour sortir des combustibles fossiles. Partout dans le monde, l’effervescence est perceptible et la volonté de changement est là.»

Le journal finlandais Keskisuomalainen pense qu’on surestime le rôle des Etats et que la défection d’un certain nombre ne mettra pas en péril la lutte contre le réchauffement:
«Les mesures de réduction des émissions ne sont pas toutes le fait des Etats et de leurs décisions politiques. Le rejet dans l’atmosphère de gaz nocifs pour le climat dépend aussi des décisions des entreprises, des communes et des citoyens individuels, mais également des innovations technologiques et des marchés. Les Etats et les obligations multilatérales ont certes un ascendant majeur sur tous ces protagonistes, mais tout particulièrement dans les pays démocratiques, des progrès sont possibles même sans le concours actif de l’Etat.»

Le quotidien du matin danois Politiken appelle, lui, les pays désireux d’agir à ne pas baisser les bras :
«Nous devons bien sûr militer pour l’adoption de solutions et d’accords mondiaux. Parallèlement, aux niveaux national et européen, nous devons aussi faire cause commune avec des pays qui partagent les mêmes convictions et qui ont pris la mesure de la gravité de la situation. Les principes dits de San José, visant à définir un système de quotas [dans le commerce des émissions], amorcent ce mouvement. Le Danemark et 30 autres pays y ont souscrit quand il s’est avéré que Madrid était un échec. Nous ne pouvons pas résoudre la crise seuls mais nous pouvons, comme le montre l’ambitieuse loi sur le climat dont s’est doté le Danemark, montrer l’exemple et faire ainsi pression sur les pays récalcitrants.»

Et Politiken fait allusion ici à l’accord historique signé le 6 décembre dernier par les 8 partis politiques du royaume afin de faire voter une loi pour faire respecter les Accords de Paris et la réduction  de 70% des émissions de CO2 en 2030. Pour ces 3 articles en VO lire plus ici sur eurotopics.net

En tant que media francophone à focus nordique, lasuededurable.com ne peut que juste souhaiter qu’il y ait émulation parmi les 195 signataires de l’Accord à la Conférence de Paris de 2015 sur les changements climatiques (COP21) et que les pays prennent un tel engagement  dans la prochaine décennie.

3 grandes conférences ont conduit à la lutte contre les gaz à effet de serre.

La Conférence des Nations unies sur l’environnement, aussi connue sous le nom de conférence de Stockholm en 1972, fut la première conférence internationale sur le thème de l’environnement, sous l’égide des Nations unies à Stockholm en Suède, et la première d’une série de rencontres décennales dites, les Sommets de la Terre. Le Protocole de Kyoto en 1997 adopté à la COP 3 puis L’Accord de Paris en 2015, approuvé à l’unanimité  à la COP 21 mais les résultats restent insuffisants.
Comme son numéro l’indique, la COP 25 à Madrid est la 25ème conférence annuelle de ce type consacrée aux négociations sur le climat.

Stockholm (Suède) puis Rio de Janeiro (Brésil) où se sont tenus les deux plus importants Sommets de la Terre en 1972 puis en 1992 sont souvent présentés comme les points de départ de ces COP pour le climat (Conference of the Parties), les fameuses « conférences des parties » où chaque pays est une partie ainsi que l’Union européenne. A ces sommets, la convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) fut approuvée. Initiée en 1972, elle avait été finalisée en 1992 après plusieurs années de négociations. En parallèle, à la demande des 7 pays les plus riches de la planète (G7) un groupe d’experts intergouvernemental sur  l’évolution du climat (GIEC) est créé en 1988. Il publie  2 rapports en 1990 puis en 1992. Les scientifiques  lient alors le réchauffement de la planète aux émissions humaines de gaz à effet de serre, en particuliers celles du C02 (dioxyde de carbone).

Ce sont ces rapports et conclusions auxquels fait toujours référence, dans ses harangues (!), la jeune militante écologiste suédoise Greta Thunberg, sacrée Personnalité de l’année par le magazine américain Time, et qu’elle en appelle aux politiques et à la communauté internationale  « Vous avez le devoir d’écouter les scientifiques ! »
Pareil, lasuededurable.com peut juste espérer que ce soit le vrai challenge de la prochaine décennie. D’ici là on vous souhaite de bonnes fêtes de fin d’année, durables et écologiques, et on vous offre ce tuto: Comment faire un Noël plus écologique avec Brut Nature.

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