La Coupe du monde de rugby est-elle éco-responsable ?

C’est la question  qu’on se pose avant chaque grand événement, notamment sportif, (Mondial de football, Jeux Olympiques, Tour de France cycliste…) mais à laquelle il est éco-raisonnable de répondre : « Non, pas vraiment !! ».

Les compétitions internationales à l’ère de la mondialisation  sont tout sauf écologiques. Toujours plus haut, toujours plus loin, toujours plus grand, toujours plus de nations, de participants toujours plus de déplacements, toujours plus de spectateurs, toujours plus de produits dérivés… Les seules rencontres sportives écologiques seraient des Jeux Olympiques vintage, des Ironing Games, les Joutes de Sète, l’Avignonnaise ou les 10kms de la Barthelasse…Et encore !!

(franceinfo) Alors que les organisateurs de la Coupe du monde du rugby en France ont annoncé une compétition verte, les émissions rejetées durant les trajets des supporters demeurent un problème d’ampleur.
L’image a fait le tour des médias et des réseaux sociaux. Les joueurs néo-zélandais sont arrivés à Paris en train pour le match d’ouverture contre la France. Médailles fabriquées à partir de téléphones recyclés, verres réutilisables et tri des déchets, les organisateurs de la Coupe du monde ont un mot ordre, rendre l’événement plus vert. « Les visiteurs étrangers sont ce qui rejettent le plus d’émissions carbone. On les a estimés à 350 000 tonnes de CO2″, expliquait Jacques Rivoal, président du comité d’organisation du mondial. Si l’on compare, c’est 17 fois moins que les émissions du mondial de foot au Qatar, mais la Coupe du monde de rugby est-elle vraiment écolo ?

Pas suffisamment selon l’étude d’une start-up, SAMI, qui mesure l’empreinte carbone des entreprises et qui s’est intéressée à la compétition. Elle estime à 640 000 tonnes les émissions de CO2, soit deux fois plus qu’annoncé par les organisateurs. Le gros point noir selon ces experts, ce sont les déplacements. Ils concernent 73,3% des émissions totales du mondial et les trois-quarts sont liés aux trajets des supporters étrangers et en particuliers les supporters des équipes de l’hémisphère sud (Nouvelle-Zélande, Australie, Afrique du sud,…). À titre d’exemple un supporter néo-zélandais qui fait l’aller-retour Auckland-Paris, avec au moins une escale, émet 5,5 tonnes de CO2, soit 55 fois plus qu’un supporter anglais.

La sonnette d’alarme est tiré à juste titre puisque certains pays comme les Fidji, les Samoa ou encore les Tonga (3 grands pays de rugby) vont probablement disparaître en partie avec la montée des eaux. Lire ici une étude faite par ecolosport.fr

Cette problématique se posera donc aussi pour les JO 2024 à Paris, à une échelle encore plus importante.

Crédits photos: Ecolosport, DR