La Suède veut construire un « aspirateur » à carbone en plein Stockholm

(avec le journal Les Echos) Les Suédois sont parmi les pionniers à mettre en place des projets pilotes pour capturer le CO 2 émis par les usines. La technologie, neuve et gourmande en énergie, est controversée. Mais la Suède veut participer à la création d’un marché d’émissions négatives.

« ….Son nouveau défi aujourd’hui : capturer des émissions de CO2 tout en récupérant de la chaleur. Un projet vertueux car les gaz à effet de serre produits par de la biomasse (et donc « verts » par comparaison avec l’énergie fossile), une fois capturés et enfouis, pourront être considérés comme des émissions négatives. Et pourront alimenter un nouveau marché qui – en vendant des émissions négatives à des sites encore pollueurs -, permettra d’avancer vers la neutralité carbone.

Le défi est énorme pour une technologie neuve, chère et déjà controversée, car coûteuse en énergie et mal cadrée réglementairement. Certaines organisations de défense de l’environnement y voient un leurre, quand la priorité, selon elles, devrait être donnée à la réduction immédiate et massive des émissions de CO2.

Le site d’Exergi a mis en place un projet pilote (Bio-Energy Carbon Capture and Storage ou BECCS) qui attire, depuis 2019, l’attention de l’Europe entière. La présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, tout comme le roi de Suède, sont venus observer de près l’initiative. Cent-quatre-vingts millions d’euros ont été débloqués par le fonds d’innovation de l’Union européenne pour passer à la phase suivante : la construction d’une usine de capture de CO2 qui sera achevée en 2027.

« Aspirateur à carbone »
« On veut construire un aspirateur à carbone, tout comme un aspirateur à poussière », explique Fabian Levhin. Le CO2 est capturé depuis la centrale thermique et électrique et traité avec du potassium carboné pour être compressé à 7 bars. Il est ensuite transformé en un fluide qui sera transporté par bateau depuis le pont qui jouxte le site de l’usine pour être enterré dans une roche granitique poreuse à 3.000 mètres de profondeur. La Norvège, le Danemark et l’Islande sont les premiers à offrir ces sites enfouis. Lire ici le reportage de Virginie Robert dans les Echos du 1er nov.2023

Crédits photos Les Echos, Exergi/DR