Si, depuis 20 ans, la Terre brûle et l’Europe se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la planète, dans le même temps, le niveau de pollution de l’air en Île de France a été divisé par deux !
On ne sait pas si la comparaison est judicieuse et s’il y a cause à effets, néanmoins le dernier bilan publié début avril par Airparif, l’organisme de surveillance de la qualité de l’air dans la région ïle de France, a noté que les niveaux de pollution de l’air en 2024 poursuivent la baisse enregistrée depuis 20 ans. Selon Antoine Trouche, ingénieur chez Airparif, l’amélioration globale des taux de pollution serait essentiellement due « aux réglementations et politiques publiques » ainsi qu’aux conditions météorologiques « favorables à la dispersion de la pollution ».
Oui, et si Paris reste toujours le seul endroit en France avec Lyon à présenter des zones qui dépassent encore les normes européennes, pour autant, « la pollution de l’air s’améliore beaucoup plus vite à Paris que dans le reste de la France », révèle Airparif. D’abord parce que la capitale « partait de plus loin » mais aussi grâce à une baisse drastique de la voiture à Paris et un report massif des usagers de la voiture vers les mobilités douces. « Le nombre de kilomètres parcourus en voiture à Paris intra-muros a été divisé par deux en 20 ans et, si on y inclut le périphérique, ça a été divisé par un quart… » précise Airparif.
De quoi inciter la Ville à poursuivre sa politique et notamment à promouvoir ses initiatives de végétalisation des grands axes de la capitale, initiées plus particulièrement depuis les Jeux Olympiques 2024. Telles la « Forêt urbaine » place de l’Hôtel de Ville, la « Clairière » sur le Parvis de Notre Dame ou encore la transformation de la « Place jardin » à la Concorde !
Une « forêt urbaine » s’apprête à éclore sur le parvis de l’Hôtel de Ville. À l’été 2025, plus de 2 500 mètres carrés d’espaces végétalisés, dont 1 000 mètres carrés en pleine terre, viendront rafraîchir et embellir cet espace jusque-là très minéral.

Place de l’Hôtel de Ville 1977, époque où l’esplanade piétonne n’existait pas encore.
Photo: Claude Abron / Ville de Paris
À l’automne 2025 débuteront les travaux de réaménagement sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame ravagée par les flammes en avril 2019 et récemment réouverte: « Une clairière sur le parvis et un abri climatique sous le parvis ».

Vue de la future « clairière ». (©Bas Smets)
Bas Smets, architecte paysagiste, a détaillé la « clairière dans la ville avec vue sur cathédrale, forêt de pierre » qui devrait voir le jour à l’horizon 2027. Près de 1 800 m² d’espaces verts seront créés, avec 160 arbres supplémentaires. Ce nouvel îlot de fraîcheur sera agrémenté de 400 m de « parc de berges » le long des quais de Seine.

Sous les abords de Notre-Dame, un bâtiment en sous-sol fera office d’accueil et de promenade. (©Olivier Campagne pour GRAU/NGA)
Un « abri climatique » sous le parvis : un espace jouera aussi le rôle « d’abri climatique » les jours pluvieux ou de canicule. Situé à une trentaine de mètres de l’entrée de Notre-Dame de Paris, l’escalier de ce bâtiment sous terre offrira l’opportunité d’embrasser « la même vision de l’édifice qu’au Moyen-Âge, lorsque la place était plus petite et en contrebas ».
Enfin la nouvelle « Place jardin » de la Concorde nous promet 2,8 hectares d’espaces verts, deux tiers de zones piétonnes et une baisse de 8°C des températures.

Vue aérienne du projet de réaménagement de la place de la Concorde par l’architecte Philippe Prost. – Capture d’écran
Moins de voitures, plus de verdure, on sait désormais à quoi devrait ressembler la place de la Concorde dans quelques années. La mairie de Paris et le ministère de la Culture ont dévoilé le lauréat de l’appel à projets pour le réaménagement de la place la plus vaste de la Capitale.
Des fossés recreusés comme à l’époque de Louis XV, des prairies pour pique-niquer ou bouquiner, les corridors souterrains autoroutiers supprimés et des pistes cyclables clairement délimitées… La place de la Concorde à Paris va se transformer dans les prochaines années.
Un programme ambitieux donc, qui doit coûter entre 36 et 38 millions d’euros d’après la Ville de Paris et que la maire, Anne Hidalgo, espère voir sortir de terre d’ici trois ans maximum. Le programme de fouilles du sous-sol devrait commencer dès cet été.

Autour de l’esplanade centrale, des pelouses dans lesquelles les Parisiens et Parisiennes pourront s’installer. – Capture d’écran
Paris se transforme et si la capitale française été élue meilleure ville au monde pour sa qualité de vie et ses aménités urbaines (attractivité touristique et résidentielle) selon l’indice Arcadis des villes durables 2024, il n’en reste pas moins que la pollution de l’air et les pics de canicule sont toujours un problème de santé publique majeur dans Paris et la région Ile de France. Plus largement dans son rapport, « Arcadis Sustainable Cities Index 2024″ lance un appel aux métropoles du monde entier pour accélérer les efforts en matière de durabilité urbaine, alors qu’il ne reste que 2000 jours d’ici 2030 pour réaliser les Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations Unies.
Crédits photo: Ville de Paris/DR