#Portrait: C’est en #Suède que l’ #économiste français Timothée #Parrique est devenu spécialiste de la #post-croissance !

Titulaire d’un doctorat à l’Université de Stockholm (2019), chercheur et enseignant  à l’Université de Lund (Suède) de 2022 à 2024, aujourd’hui à Lausanne, et auteur du best-seller « Ralentir ou Périr, économie de la décroissance » ‘Editions du Seuil, 2022), l’économiste français Timothée Parrique, 36 ans, est un spécialiste de la décroissance et nous invite à mieux envisager cette notion encore trop souvent clivante qu’il préfère dénommer post-croissance.

La décroissance démystifiée : Bien plus qu’un simple ralentissement économique !
Contrairement aux idées reçues, la décroissance n’est pas une récession subie ou un retour à la bougie. Timothée Parrique la définit avec précision : « C’est une réduction de la production et la consommation pour alléger l’empreinte écologique planifiée démocratiquement dans un esprit de justice sociale en souci du bien-être ». Cette définition, fruit de plusieurs années de recherche doctorale, révèle toute la complexité du concept.

L’économiste insiste sur les quatre piliers fondamentaux qui différencient la décroissance d’une simple contraction économique : le ralentissement conscient, la réduction de l’empreinte écologique, la démocratie participative et la justice sociale. « C’est comme un Rubik’s cube de la transition écologique« , explique-t-il, « faire baisser l’empreinte écologique, mais le faire d’une manière socialement acceptable, juste et manière qui soit désirable« . Cette approche macroéconomique ne signifie pas que chaque individu ou entreprise doit nécessairement réduire son activité, mais que l’agrégat global de nos productions et consommations doit décroître pour respecter les limites planétaires.

L’imagination confisquée : pourquoi nous n’arrivons plus à penser l’après-capitalisme ?
Face à la question sur notre difficulté à imaginer la fin du capitalisme, Parrique évoque une « crise de l’imagination collective » qui frappe particulièrement les économistes depuis 2008. Cette crise nous enferme dans ce qu’il nomme le « présentisme » : « on est enfermé dans le présent et on n’arrive pas à imaginer le futur qui soit radicalement différent du présent« . Pourtant, l’histoire économique nous enseigne que le capitalisme n’est qu’une option parmi d’autres. L’économiste rappelle que « entre le XVIIᵉ et le XVIIIᵉ siècle, les initiatives capitalistes étaient minoritaires. Il n’y avait pas beaucoup de marchands, ni de banquiers, et on les considérait comme des types bizarres ».

C’est pendant son échange Erasmus à l’Université d’Uppsala en Suède que Timothée Parrique a une soudaine prise de conscience en étudiant l’économie écologique et en fréquentant le Centre d’études sur l’environnement et le développement (CEMUS), une entité co-créé par des étudiants dans les années 1990 dont l’ambition est d’améliorer le traitement des sujets liées à la soutenabilité dans les cursus universitaires. Il suit également les cours en 2014 et en 2016 d’une école d’été sur l’écologie politique à Barcelone qui le confortent dans sa nouvelle prise de position. De 2016 à 2019, il écrit une thèse de doctorat à l’Université Clermont Auvergne sous la direction d’Arnaud Diemer (Centre d’Excellence Jean Monnet sur le développement durable, CERDI, UCA-CNRS-IRD), Sylvie Ferrari (Université de Bordeaux) et Sarah Cornell (Stockholm Resilience Centre de l’Université de Lund en Suède). Il enseigne aujourd’hui à l’Université de Lausanne en Suisse.

En septembre 2022, Timothée Parrique publie un ouvrage tiré de sa thèse aux éditions du Seuil, sous le titre Ralentir ou périr : l’économie de la décroissance. Il soutient « une réduction de la production et de la consommation pour alléger l’empreinte écologique planifiée démocratiquement dans un esprit de justice sociale et dans le souci du bien-être ». Le livre se vend à plus de 40 000 exemplaires.

En mai 2022, Timothée Parrique intègre la School of Economics and Management de l’Université de Lund, en Suède, où il y effectue ses recherches en économie écologique dans le cadre du projet Postgrowth welfare systems. Depuis octobre 2024, il est chercheur à la Faculté des hautes études commerciales (HEC) de l’Université de Lausanne, en Suisse. Il participe aussi à de nombreuses conférences pour parler de décroissance, notamment dans des grandes écoles comme HEC Paris, des universités, des collectivités, ainsi que des entreprises et institutions comme Airbus, Thales, l’AFD, la Caisse des dépôts, Orange, Bouygues, SNCF ou Saint-Gobain. (avec Wiki)

Crédits photos: Blast, School of Economics and Management Lund University/DR, Le Seuil/DR