#Transitionénergétique: En #Guyane, le chantier de la centrale électrique du #Larivot avance vers une mise en service en 2027 #3

Alors qu’à Belém au Brésil, après 15 jours de négociations, la COP30, la première Conférence des Nations-Unies sur les changements climatiques à se tenir en Amazonie, qui réunissait plus de 200 pays, s’est achevée très modestement, sur « un accord a minima », un décevant consensus « sans mention aucune des énergies fossiles« , à moins de 2 heures de vol de là, la Guyane, le seul territoire européen et français d’Amérique du Sud, poursuivait son plus gros investissement, près de Cayenne, à savoir la centrale bioénergie du Larivot, qui permettra l’autonomie électrique avec 100% d’énergies renouvelables pour toute la collectivité territoriale d’ici 2030. 

La Centrale électrique du Larivot est un projet majeur de construction en Guyane, situé sur l’Île de Cayenne, dans la zone industrielle de Matoury. Elle est destinée à remplacer la centrale thermique de Dégrad-des-Cannes, dont la fermeture était prévue pour 2023, afin d’assurer la continuité et la sécurité de l’approvisionnement électrique en Guyane.

La construction de la centrale du Larivot entre dans une phase clé avec l’arrivée des moteurs et la finalisation des bâtiments. • ©Karl Constable

Avec une puissance garantie de 120 MW fournie par 7 moteurs de nouvelle génération, elle est un pilier pour répondre à la demande croissante en énergie du territoire, en particulier dans l’agglomération de Cayenne où réside près de 50 % de la population.

Le projet est inclus dans la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) de Guyane, validée par décret en 2017 qui ambitionne une production électrique 100% décarbonée d’ici à 2027 pour les communes du littoral reliées au réseau de distribution, et une autonomie énergétique sur tout le territoire d’ici 2030

Transition Énergétique et Environnement

La centrale est conçue pour être une centrale bioénergie fonctionnant à la biomasse liquide (biocarburants liquides), un biocombustible présenté comme neutre en émission carbone. Le projet initial prévoyait du fioul léger, mais a été modifié pour des biocarburants afin d’être compatible avec les objectifs de transition écologique. L’utilisation de biocombustibles devrait permettre de diviser les émissions de CO2 par 3, contribuant à améliorer la qualité de l’air.
Pour compenser les 16 hectares mobilisés par le chantier, des conventions ont été mises en place pour sanctuariser plus de 150 hectares d’espaces naturels, dont un corridor écologique, et des actions de protection de la biodiversité sont menées.

Économie et Emploi

Les ouvriers s’activent sur le chantier du Larivot, mobilisant jusqu’à 400 personnes pour finaliser l’installation des infrastructures. • ©Karl Constable

Avec un budget de 600 millions d’euros et la mobilisation de 300 à 400 personnes, la centrale du Larivot représente le plus grand chantier en cours en Guyane. Le projet représente plus de 130 millions d’euros de retombées économiques pour le territoire. La construction, pilotée par un consortium d’entreprises locales, a généré jusqu’à 1 200 emplois directs et indirects, avec 500 intervenants sur site au pic du chantier. L’exploitation créera également des dizaines d’emplois sur le long terme. À partir du second semestre 2026, les moteurs, construits en Finlande, seront testés avant une mise en production progressive. L’objectif est une pleine exploitation de la centrale début 2027, avec un effectif de 80 salariés.

Controverses
Le projet a suscité des controverses et des recours légaux de la part d’associations environnementales (comme Guyane Nature Environnement) concernant son dimensionnement, son impact climatique, son impact sur la biodiversité et le processus démocratique de son instruction. Bien que des recours aient été rejetés, la question de l’approvisionnement en biomasse et de l’avenir énergétique de la Guyane continue d’être débattue. Si aucun nouvel obstacle juridique ne retarde les travaux, la centrale du Larivot remplacera celle, thermique, du grand port maritime de Dégrad Des Cannes, et assurera une production énergétique plus autonome et durable pour la Guyane.

« La COP30 de Belém restera dans l’histoire, moins pour ses décisions que pour ce qu’elle a révélé. Ce n’était pas une COP comme les autres. Pour la première fois, les négociations climatiques mondiales ne se tenaient pas dans une capitale diplomatique, mais au cœur du poumon vert de la planète, dans un territoire où la forêt n’est pas une abstraction, mais une présence vivante, un habitat, une relation. Ici, la nature n’est pas une ressource, mais un partenaire. On n’y évoque pas la biodiversité comme un inventaire d’espèces, mais comme un lien intime avec le vivant….
…Pour la Guyane, cette COP n’était pas une conférence lointaine, technocratique ou conceptuelle. Elle se déroulait chez nos voisins, dans un espace que nous partageons – géographiquement, écologiquement, culturellement et symboliquement. Ce n’était pas une COP observée, c’était une COP ressentie. Belém a agi comme un miroir : elle nous a obligés à nous regarder en face… » (avec le Journal France-Guyane)

Crédits photo et vidéo: Outremer la1ère.franceinfo.fr, EDF , ©Karl Constable, DD