Danemark : L’éolien s’essouffle !

Alors que la France présente l’éolien maritime comme l’investissement du siècle et vient de lancer deux appels d’offres pour des projets d’éolien en mer à la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Selon les chiffres publiés par « Les Echos », les projets éoliens français représentera un potentiel énergétique de 6.000 mégawatts sur les sites couverts…
Le Danemark, champ d’éoliennes géantes, s’essouffle. Au moment du premier choc pétrolier en 1973, le Danemark a refusé de s’appuyer sur le nucléaire et a décidé de développer l’énergie éolienne. 40 ans plus tard, il commence à récolter le fruit de ses investissements mais en début d’année, le groupe danois Vestas, leader mondial de constructions éoliennes annonçait 2335 suppressions d’emplois.

Copenhague (awp/afp) – Le géant danois de l’éolien Vestas a annoncé jeudi 2335 suppressions d’emplois, plongeant dans l’embarras le gouvernement qui a justement fait des technologies « vertes » le fer de lance de sa présidence de l’Union européenne officiellement ouverte le jour même.

« Vestas va réduire ses coûts fixes de plus de 150 millions d’euros » avec des effets pleins attendus à partir de fin 2012, a indiqué le groupe dans un communiqué, précisant que le plan prévoyait « en tout 2.335 suppressions de postes » d’ici la fin de l’année.

Vestas a dévoilé son plan de rigueur le jour même où le gouvernement danois a officialisé le début de sa présidence semestrielle de l’UE avec une réunion inaugurale avec la Commission européenne à Copenhague.

Et le Premier ministre, la sociale-démocrate Helle Thorning-Schmidt, a fait de « la croissance verte » et du développement des technologies contribuant au développement durable la priorité de cette présidence.

Interrogée sur l’annonce de Vestas, Mme Thorning-Schmidt a reconnu que « c’est un énorme coup porté aux technologies vertes ».

Mais « il n’y a pas d’autre chemin » que l’investissement dans « les emplois verts et l’optimisation de l’énergie », a assuré Mme Thorning-Schmidt. « C’est sur cela que nous devons nous concentrer », a-t-elle ajouté, affirmant que les technologies vertes n’étaient « pas seulement bénéfiques à l’environnement » mais créaient de la croissance en Europe.

Certains membres de l’entourage du chef du gouvernement danois ne cachaient pas leur embarras. « C’est une mauvaise nouvelle et cela tombe mal, le jour même du début de la présidence », maugréait un conseiller.

L’annonce des suppressions d’emplois « est un revers », a abondé le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, présent à ses côtés devant la presse. Mais lui aussi a assuré que cela ne remettait nullement en cause les perspectives du secteur des énergies renouvelables.

« Le Danemark met les réformes du marché unique et de la croissance verte au coeur de la présidence et il est décisif que nous réussissions », a-t-il dit.

En plus de ces suppressions d’emplois, certains dans les tout prochains mois, l’entreprise danoise a annoncé la probabilité de 1.600 autres suppressions aux Etats-Unis.

« Vestas se prépare à un recul économique potentiel sur le marché aux Etats-Unis au cas où le contrat de subventions américain PTC n’est pas renouvelé. Cela peut déboucher sur la suppression de 1600 emplois supplémentaires dans les usines aux Etats-Unis », indique un communiqué.

Vestas était passé dans le rouge au 3e trimestre 2011 et avait annoncé des licenciements pour 2012 ainsi que l’abandon de son ambitieux programme « Triple 15 »: atteindre en 2015 un chiffre d’affaires de 15 milliards d’euros et une marge EBIT de 15%.

De juillet à septembre, le groupe danois avait enregistré une perte nette de 60 millions d’euros, contre un bénéfice de 187 millions pour la même période en 2010.

Le 3 janvier, Vestas avait annoncé un avertissement sur résultat du fait d’une hausse de 125 millions d’euros de ses dépenses prévues en 2011.

Cette annonce avait provoqué une lourde chute du cours des actions Vestas, qui a plongé de près de 18,68% le 4 janvier à l’ouverture de la Bourse de Copenhague.

ds