France durable ou France duraille ?

Il parait qu’Eva Joly est tombée sur la tête. Ca tombe mal ! La candidate de l’écologie glisse sur une peau de bananes juste la Semaine du Développement Durable en France. Non je ne rigole pas ! Physiquement, elle est tombée en descendant les escaliers à la sortie d’un ciné. Rien de bien grave. Elle a repris ses activités et meetings deux jours plus tard.

Par contre, ça fait longtemps que les Français lui glissent des peaux de bananes, et les écolosne sont pas les derniers, et pensent que la candidate Europe-Ecologie-Les-Verts à l’élection présidentielle n’est pas digne de les représenter. Elle serait déjà tombée sur la tête avec ses propositions « farfelues » disent-ils ! Comme celles de supprimer le 14 juillet, le 11 novembre, les paradis fiscaux, l’argent sale et les valises de billets, ou bien celles d’engager la transition écologique, changer nos modes de production et consommation, faire face au réchauffement climatique et sortir du nucléaire… Pourtant…

Voici le chapitre environnement de son programme :
Taxes et sanctions anti-pollution :
– Préférence sociale et environnementale aux frontières de l’Europe
– Contribution climat-énergie dont 50 % du produit sera affecté au financement d’investissement publics écologiques et 50 % redistribué sous forme de « chèque verts » aux Français défavorisés
– Organisation mondiale de l’environnement
– Objectif Zéro OGM, zéro gaz de schistes, zéro autoroutes supplémentaires
Développement de techniques non polluantes
– Réduction de 30 % des émissions de gaz à effet de serre par rapport à 90 pour limiter le réchauffement de la planète sous les 2°C
– Refonte de la législation sur les déchets (fermeture progressive des incinérateurs et développement des filières alternatives)
– Suppression progressive des dépenses publiques considérées comme néfastes pour l’environnement
Énergie Nucléaire
– Réduire la part du nucléaire de 75 à 40 % de la production d’électricité d’ici à 2020, sortie totale en 2032
– Fermeture de la centrale de Fessenheim et arrêt progressif des 58 réacteurs nucléaires
– Arrêt immédiat des projets en cours (EPR, ITER)
– Création d’une filière du démantèlement nucléaire
Accès à l’énergie
– Tarification progressif du gaz, de l’eau et de l’électricité
– Stratégie nationale contre le gaspillage d’énergie
Énergies renouvelables
– Passer à 40 % de la production d’électricité en énergies renouvelables en 2020 et 100 % en 2050
……
Pas vraiment révolutionnaire le programme ! Pas de quoi tomber sur la tête quand on voit les objectifs de ses voisins européens, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suède, le Danemark…

Et pourtant sa campagne est jugée radicale, provocatrice, éco-militante, sans prise sur les réalités de la crise et n’intéresse pas grand monde. La candidature verte ne décolle pas dans les sondages (2% d’intentions de vote). Et la France snobe la franco-norvégienne à l’accent germanique (sic !) Elle ne fait pas partie du sérail. Des militants pur jus écolos ont juré de ne jamais voter pour elle, prétextant qu’elle aurait du céder sa place à plus médiatique qu’elle et lui demandent de se retirer pour ne pas polluer durablement le message écologique (sic !) Duraille !!

Pourtant…
On parle peu d’écologie dans cette campagne. Trois candidats étaient sur la ligne au commencement. Corinne Lepage pour Cap 21 et Jean-Marc Governatori pour l’Alliance Indépendante Ecologiste qui n’ont pas obtenu leurs signatures d’élus pour se qualifier et la 3ème, celle d’EELV, qui aujourd’hui a la tête dans le trou…
Mais, heureusement, il ne lui reste plus qu’une quinzaine de jours à Eva Joly, jusqu’au 22 avril et ce 1er tour pour continuer à souffrir de ne rien représenter… Après, elle tirera sa révérence et s’en ira vers d’autres missions ou bien elle ira élever ses hannetons en Bretagne…
Car elle l’a dit, elle ne fera pas monter la sauce politicienne franco-française. Quelque soit l’issue du scrutin, elle a assuré qu’elle ne sera ni ministre, ni députée. D’abord il n’y a pas de place pour elle !

Quand à l’écologie en France, c’est elle maintenant qui risque d’être plombée pour de longues années …
Où sont passés le pacte écologique, la réflexion sur le changement climatique, le Grenelle de l’environnement, les vrais choix énergétiques, les pratiques quotidiennes qu’il nous faut intégrer pour respecter la planète de manière durable… Quid de tout cela dans la politique française. Vous avez dit durable ou duraille ?

Une réflexion au sujet de “France durable ou France duraille ?

  1. Caroline

    Je ne crains que les verts en France soient condamnés à être tournés en dérision.

    Est-ce que leurs propos dérangeraient tant que cela ?